Carole Sandrel, journaliste, écrivain, s’élève contre l’intégration d'Israël à l’Europe et explique pourquoi

"Israël ne saurait faire partie de l’Union Européenne", par Carole SANDREL

 

Publié le 24-08-2009

Carole Sandrel, journaliste, écrivain, enfant cachée pendant la guerre, dont les parents ont été massacrés à Auschwitz, s’élève contre l’intégration d'Israël à l’Europe et explique pourquoi.

"Non à Israël dans l’Union Européenne !

Depuis 2004, Israël bénéficie (en compagnie d’une quinzaine d’autres pays) de relations privilégiées dans les domaines économiques, culturels, etc. avec l’Union Européenne, au titre de la « Politique Européenne de Voisinage », dite PEV.

Cette politique de (bon) voisinage, constamment renforcée, en ce qui concerne Israël, au fil du temps, a pour objectif, énoncé par l’Union elle-même, « de faire en sorte que l’Union européenne et ses voisins trouvent un intérêt mutuel à promouvoir les réformes et la primauté du droit, ainsi que l’existence de démocraties stables et prospères (prospérité, sécurité, stabilité) dans tout le voisinage de l’Union européenne.. L’Union propose à ses voisins un dialogue politique et des relations économiques renforcées, sur la base de valeurs communes et d’un désir de lutter contre les problèmes communs ». Soulignons les mots « valeurs communes » puisque justement l’Union Européenne est soudée autour d’une charte, dont il convient rappeler le préambule et deux articles (elle en compte 54) :

« Consciente de son patrimoine spirituel et moral, l’Union se fonde sur les valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d’égalité et de solidarité ; elle repose sur le principe de la démocratie et le principe de l’État de droit. Elle place la personne au cœur de son action en instituant la citoyenneté de l’Union et en créant un espace de liberté, de sécurité et de justice."

L’Union contribue à la préservation et au développement de ces valeurs communes ».

« Valeurs, patrimoine spirituel et moral, valeurs indivisibles de dignité humaine ».... Depuis soixante ans, Israël s’exonère de toutes ces exigences, ce qui signifie que la PEV n’aurait jamais dû être lui être accordée (mais en 2004 on n’était pas que dans la philanthropie, on était et on reste dans la peur des attentats terroristes liés à ceux de 2001 aux Etats-Unis, ce qui exige de se trouver des alliés musclés ).

Prochaine étape annoncée, Israël, soutenu par ses nombreux amis et lobbyistes dans le monde, entend devenir membre à part entière de l’Europe. Inutile de revenir sur sa situation géographique. Plus important est de souligner et d’appuyer sur les points qui s’opposent totalement, absolument, à l’entrée d’Israël dans l’Union Européenne.

Robert Schuman, père de l’Europe ((1886-1963) la définissait en ces termes : « L’Europe, avant d’être une alliance militaire ou une entité économique, doit être une communauté culturelle dans le sens le plus élevé de ce terme." Quant à Jean Monnet, (1888-1979) autre père de l’Europe, il disait : « Nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes ».

Or, dans cette Europe née pour faire obstacle à la Guerre, aux guerres, aux massacres, aux destructions, aux enfers vomis par la deuxième guerre mondiale, voilà qu’on encouragerait l’arrivée d’un pays en guerre depuis soixante ans, qui nourrit délibérement cette guerre dans son obstination à s’emparer « pour l’éternité » des terres palestiniennes via un budget militaire colossal - 10% de son budget - 13 milliards d’euros - contre 2 à 4% pour l’ensemble des pays occidentaux (chiffres publiés par la Chambre de commerce France-Israël).

La liste est très longue des raisons qui font qu’Israël ne peut pas, n’a pas à, ne doit pas, être admis dans l’Europe.

Combien de résolutions de l’ONU jamais respectées, toujours méprisées par Israël depuis sa création ? En février dernier, « Le Monde Diplomatique » en listait une trentaine, et ce n’était pas une liste exhaustive. Il est vrai que le 25 novembre 2008 à la 63è session de l’Assemblée Générale de l’ONU Israël non sans aplomb réclamait à l’ONU l’abandon de ces résolutions qu’il juge « déséquilibrées » et faisait valoir ses « progrès dans les négociations directes avec les Palestiniens »… Rien à voir avec l’humour juif.

Combien, parmi les 27 pays membres n’ont pas de frontières parce qu’ils ne reconnaissent pas leurs frontières internationalement reconnues ? Combien, parmi les 27 pays membres reçoivent-ils une manne financière directement des contribuables des Etats-Unis, équivalente à presque trois milliards de dollars par an, soit un tiers de l’aide consentie par les Etats-Unis à l’étranger, Israël recevant la part la plus importante de cette aide ? Sans compter les aides financières annexes via l’AIPAC etc…

Combien parmi les 27 ont pour monnaie de référence le dollar américain, quand l’Euro est la monnaie de l’Europe ?

Combien parmi les 27, sont restés des états colonisateurs et colonisent encore ?

Combien parmi les 27 ont instauré un régime d’apartheid pour isoler telle population d’une autre, comme : les routes de contournement, qui en Israël ne peuvent être empruntées que par la population juive à l’exclusion des Palestiniens ?

Combien parmi les 27 construisent un mur – prenant exemple surs la défunte Union Soviétique pour des pseudo raisons de sécurité, alors que cette fortification bétonnées, miradorisée, électrifiée, électronifiée, trois fois plus haute et deux fois plus larges que le défunt Mur de Berlin annexe surtout une bonne partie de la Cisjordanie, coupant les Palestiniens de leurs terres cultivées ? Mur qui ne coûte que la rondelette somme d’un million de dollars au kilomètre….

Combien parmi les 27 ont la main mise sur toutes les ressources naturelles de leurs voisins, sur l’eau en particulier, si bien que les Palestiniens n’ont pas le droit de creuser de puits sur leur propre terre et souffrent de la soif, comme ce fut le cas cet été 2009 à Hébron ? Hébron où une poignée d’extrémistes juifs (4 à 500) protégés par environ 2000 soldats, ceux de « l’armée la plus morale du monde » s’organisent pour pourrir la vie quotidienne de quelque 200 000 de palestiniens ?

Combien parmi les 27 imposent et prolongent un blocus depuis des mois sur toute une population, celle de Gaza, où la faim et la raréfication des soins se font cruellement sentir ?

Combien parmi les 27 sont des états religieux par essence, comme Israël qui n’a que faire de la laïcité et qui du même coup, a ses propres lois d’exclusion, favorisant sa population juive (repérable sur les cartes d’identité par un jeu de chiffre), au détriment des autres, palestinienne en particulier ?

Combien parmi les 27 ne sont que des démocraties bidon, comme le prouve toute la législation israélienne qui, par exemple, interdit de vendre des terres de l’état à des non juifs ? N’a pas d’état civil autre que religieux - naissance, mariage, divorces, décès sont sous l’autorité des Rabbins ? `

Une démocratie se lit dans son système législatif, avant tout. Et le Droit israélien est bâti autour du seul droit des juifs.

Combien parmi les 27 occupent militairement une population et un territoire étrangers ?

Combien parmi les 27 légalisent la torture, et les emprisonnements arbitraires, sans procès ?

Combien d’Etats parmi les 27 violent au quotidien la loi internationale et les Droits de l’Homme comme Israël le fait avec ses destructions de maison, d’oliveraies, de cultures palestiniennes, ses restrictions d’eau imposées aux palestiniens, ses checkpoints interdisant la libre circulation des palestiniens, y compris quand ils se rendent dans des centres médicaux, ses punitions collectives, etc... ?

L’Europe solidaire a-t-elle vocation à accueillir une machine en guerre et une machine de guerre parmi ses membres ? Ce faisant l’Europe commettrait un crime, celui de se détruire elle-même. Affront irréparable à la mémoire d’un Jean Monnet qui croyait que « Faire l’Europe, c’est faire la paix ».

Non, Israël ne DOIT pas faire son entrée dans l’Europe. Sous aucun prétexte.

Carole SANDREL

CAPJPO-EuroPalestine

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