Sortie scandaleuse en hydrospeed sur la Durance : le parquet met les bouchées doubles

Le procureur de la République de Gap avait souligné dès dimanche des "manquements à la réglementation", au lendemain de la noyade d'Anissa, 11 ans, lors d'une sortie en hydrospeed sur la Durance, dans les Hautes-Alpes. Il les a précisés lundi. La fillette, qui a "dévié de la trajectoire normale" alors qu'elle pratiquait l'hydrospeed, activité de nage en eaux vives avec un flotteur, est restée coincée sous une barre de fer de 12 mètres de long qui traversait la rivière. Cet objet "pourrait provenir de la destruction d'un pont routier il y a une dizaine d'années", a précisé le procureur. Mais aucune reconnaissance de la rivière n'avait été effectuée, a-t-il déploré. Et "des questions restent en suspens concernant notamment l'âge des enfants" âgés de 10 à 14 ans, pour ce type d'activité, et "l'absence de reconnaissance du parcours".

Les gardes à vue du gérant du club nautique qui organisait la sortie groupée et du moniteur stagiaire de 19 ans ont été prolongées, pour le premier jusqu'à mardi matin et pour le second jusqu'à lundi soir, alors qu'une enquête préliminaire pour homicide involontaire est ouverte depuis samedi. Et "d'autres personnes pourraient être mises en cause", a précisé le procureur, indiquant que les éducateurs de la colonie venue d'Etampes auraient dû au préalable fournir les attestations relatives à la capacité de nager des enfants. Dimanche, le procureur avait déjà souligné le fait que le moniteur d'hydrospeed, stagiaire, aurait notamment dû être supervisé et encadrait trop d'enfants à la fois : 11 personnes (9 enfants et deux éducateurs d'Etampes) au lieu de 8 à cet âge, ce qui "aurait nécessité la présence d'un moniteur supplémentaire".

Cousine d'Anissa : "ça aurait pu être évité"
 
Tandis que les enfants de la colonie, sous le choc, sont rentrés dès dimanche à Etampes (voir la vidéo), le corps d'Anissa a été rapatrié ce lundi après-midi, auprès de sa famille. Sa cousine, qui accompagnait le groupe, et était donc sur place au moment du drame estime qu'"Anissa n'a pas eu de chance, mais je pense que ça aurait pu être évité".

Le haut-commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch, a pour sa part demandé lundi à ses services de "procéder à des contrôles sur pièce et sur place, ciblés sur les activités les plus risquées", afin d'assurer "que les encadrants disposent bien des titres nécessaires à l'exercice de leur activité et que l'ensemble des règles régissant ces activités soient bien respectées". Martin Hirsch a ajouté que "l'ensemble des accueils collectifs de mineurs" étaient "destinataires d'un rappel des règles applicables en matière de taux d'encadrement selon les différents types d'activités", par le biais des "services déconcentrés de l'administration jeunesse et sport". "Les normes sont à nos yeux suffisantes, mais là dans ce drame (...), c'est pas un manque de normes", a déclaré le ministre sur RTL, tout en rappelant "qu'il y a 1,5 million d'enfants qui partent en vacances et que dans l'immense majorité des cas, ça se passe très très bien".

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