Le gérant du club nautique impliqué dans la noyade d'Anissa Houas, samedi 1er août, lors d'une sortie d'hydrospeed sur la Durance (Hautes-Alpes), a ét

Impliqué dans le décès de la fillette, le 1er août, Didier Lafay a été mis en examen, mardi, pour « homicide involontaire ». Le procureur de Gap (Hautes-Alpes) a annoncé d’autres poursuites, tandis que le père de la défunte entend porter plainte.

Le gérant du club nautique impliqué dans la noyade d’Anissa Houas, samedi 1er août, lors d’une sortie d’hydrospeed sur la Durance (Hautes-Alpes), a été mis en examen, mardi. Selon le parquet de Gap, d’autres personnes pourraient aussi faire les frais des rigueurs de la justice. Didier Lafay, le gérant de la société River Club, a été mis en examen pour « homicide involontaire », a indiqué, lors d’une conférence de presse, Philippe Toccanier, le procureur de la République de Gap.

Le River Club, propriété du comité régional de la Fédération française de canoë-kayak, a également été mis en examen comme personne morale. Selon Philippe Toccanier, « trois autres mises en examen pourraient intervenir dans les prochains jours ». En clair : le moniteur-coordinateur du club, l’apprenti moniteur de 19 ans qui se trouvait avec la fillette lors de sa noyade, et l’éducateur sportif d’Etampes (Essonne) accompagnant le groupe d’enfants, présent sur la Durance le jour du drame, devraient être mis en examen pour le même chef d’« homicide involontaire ». Mourad Houas, le père de la fillette de 11 ans, a d’ores et déjà annoncé son intention de porter plainte, une fois le deuil achevé.

Tandis que les investigations se poursuivent, « la société et le gérant sont sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer toute activité en lien avec un sport nautique », a précisé le procureur. Il a en outre évoqué de nouveaux manquements aux règles de sécurité. L’enquête fait état des « problèmes » que la fillette avait eus « avec son équipement », notamment son casque et ses palmes, qui n’étaient « pas adaptées » à sa taille. Selon les premiers éléments en possession des enquêteurs, la fillette aurait dévié de la trajectoire du groupe jusqu’à se laisser prendre au piège d’une barre de fer de 12 mètres de long. « Il y a des témoignages qui attestent que la petite était mal à l’aise » avant d’entrer dans l’eau, a encore relevé le magistrat, évoquant les changements d’équipement et le fait que l’éducateur d’Etampes avait appris aux enfants à palmer dans une piscine, et non en eau vive.

L’enquête préliminaire avait déjà mis en évidence plusieurs insuffisances de taille : le moniteur, un stagiaire de 19 ans préparant son brevet d’Etat, aurait dû être supervisé par son maître de stage. Le groupe n’aurait dû compter que huit personnes au lieu de onze. Enfin, une reconnaissance de la rivière aurait dû être préalablement effectuée.

Diplômé ?

Outre l’avancée des investigations, Mourad Houas, le père d’Anissa, a affirmé, mardi, qu’une fois le temps du deuil passé, il allait ester en justice. « On va porter plainte pour que toute la lumière soit faite, il ne faut pas que ça se reproduise avec d’autres enfants. On a envie de se battre pour elle, pour savoir la vérité. » Le corps de la fillette a été rapatrié, lundi, dans sa famille. Ses obsèques sont prévues, vendredi 7 août, à 15 heures, au cimetière Saint-Martin d’Etampes (Essonne). Eploré, Mourad Houas n’en finit pas de s’interroger sur l’attitude des accompagnateurs. Pour lui, selon certains témoignages qui lui ont été rapportés, ces derniers ont manqué de diligence envers Anissa. « Elle pleurait, elle ne voulait pas y aller, elle a dit “J’ai peur, c’est dangereux. Ils ont envoyé un enfant surveiller nos enfants” » déplore-t-il, allusion au jeune âge – 19 ans – du moniteur de l’école de sports nautiques chargé d’encadrer la sortie. « Comment un enfant peut surveiller nos enfants… un stagiaire… » souffle-t-il.

Il ressort également que les responsables de la sortie en hydrospeed ignoraient l’âge exact du moniteur censé les prendre en charge. Sabrina Azza, 20 ans, cousine d’Anissa et animatrice de la colonie de vacances organisée par la ville d’Etampes, affirme, aujourd’hui, n’avoir jamais su que le moniteur de 19 ans était stagiaire. « Quand on lui a demandé s’il avait son diplôme, il nous a dit que oui, mais qu’il n’avait pas encore reçu le papier. » A la question de savoir si le moniteur mis en cause a menti sur sa qualité de diplômé, la jeune femme répond d’un : « C’est confus. »

(Source : France Soir)

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