Le boycott culturel de l'entité Talmudique : un acte incontournable pour faire cesser le calvaire des Palestiniens

MESSAGE A LA JUIVERIE INTERNATIONALE !

Publié le 1er-07-2010

Ci-dessous une analyse du Palestinien Omar Barghouti, porte-parole de la campagne BDS réclamée par l’ensemble des associations, syndicats et partis représentant la société civile palestinienne.

"Après le massacre de la flotille : essor du boycott culturel d’Israël

La campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI), lancée en avril 2004 par un petit groupe d’universitaires et d’intellectuels palestiniens, et largement soutenue par des associations, des syndicats et des réseaux majeurs de la société civile (1), connait un essor sans précédent depuis les dix-huit derniers mois, depuis la guerre d’agression contre Gaza.

Actuellement, des campagnes pour le boycott universitaire et culturel d’Israël existent notamment aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, en France, en Italie, en Espagne, en Afrique du Sud, en Australie, en Allemagne, en Belgique, au Canada, en Norvège.

Lorsque des artistes ou des groupes d’artistes annoncent qu’ils se produiront en Israël, le PACBI et ses partenaires à travers le monde en appellent directement à eux, si un canal de communication directe le permet. Sinon, nous diffusons des lettres ouvertes et nous nous connectons avec d’autres groupes afin d’exercer une pression morale sur ces artistes ou orchestres et de les convaincre d’annuler leurs représentations et expositions en Israël.

Inspiré par le boycott culturel anti-apartheid de l’Afrique du Sud, le PACBI en appelle à la conscience des artistes concernés et de leurs fans. Quand rien d’autre n’aboutit, ces admirateurs organisent parfois des manifestations protestataires lors de concerts internationaux d’artistes qui ont obstinément refusé de répondre à nos appels. Notre principal argument est que se produire dans un Etat qui pratique l’occupation, la colonisation et l’apartheid ne peut être considéré comme un acte purement artistique – si tant est que cela existe. Abstraction faite des intentions, il s’agit d’une forme délibérée de complicité, qui est manipulée par Israël dans sa tentative frénétique de blanchiment ses violations récurrentes du droit international et des droits des Palestiniens.

C’est pourquoi les manifestations artistiques en Israël promeuvent une attitude de « banalité des affaires courantes » qui normalise et hygiénise un état qui a perpétré des crimes de guerre tout au long de plusieurs décennies – à Gaza, à Jérusalem, au Néguev, et maintenant en haute mer contre des volontaires de l’aide humanitaire à bord de la Flotille de la Liberté.

Un artiste qui se produit en Israël aujourd’hui – tout comme n’importe quel artiste qui violait le boycott et se produisait à Sun City, en Afrique du Sud au temps de l’apartheid – ne peut être perçu par les Palestiniens et par les personnes de conscience à travers le monde que comme motivé par le profit personnel bien plus que par des principes moraux.

On sait que les promoteurs de concerts en Israël proposent de fortes sommes d’argent pour attirer des notoriétés internationales, ceci faisant partie de la campagne de promotion d’Israël (2) conçue explicitement pour dissimuler les violations israéliennes des droits de l’homme sous une sorte de lustre artistique et scientifique, et donner une image spécieuse de l’excellence culturelle et du « libéralisme ».

En 1965, le Comité américain sur l’Afrique, suivant le mouvement impulsé par d’éminentes associations artistiques britanniques, a patronné une déclaration historique contre l’apartheid sud africain, signé par plus de 60 personnalités de la culture. Elle disait : « Nous disons NON à l’apartheid. Nous prenons cet engagement d’une résolution solennelle de refuser de la part de l’actuelle république d’Afrique du Sud tout encouragement et bien entendu tout partenariat ; et ce jusqu’au jour où ses habitants jouiront dans l’égalité des avantages éducatifs et culturels de ce riche et beau pays » (3).

Le PACBI espère atteindre le même niveau d’engagement de la part d’artistes internationaux pour isoler Israël, pays d’apartheid.

A ce stade, le principal impact du boycott est de faire d’un Etat qui viole le droit, un Etat pariah, de l’isoler tant qu’il a choisi d’étranger le peuple palestinien, de lui faire ainsi payer le prix de son occupation et de ses massacres, en refusant la complicité internationale dans la perpétuation de l’occupation et de la ségrégation.

En réaction au massacre par les Israéliens de la Flotille de la Liberté, qui a conduit au meurtre de 9 Turcs non armés (dont l’un avec la double nationalité turque et américaine), travailleurs humanitaires et militants des droits de l’homme, et qui en a blessé des douzaines d’autres originaires de plusieurs pays, des artistes et des groupes de réputation majeure ont réagi de manière prompte et résolue.

Prenant parti pour un boycott culturel d’Israël, l’écrivain britannique de célébrité mondiale, Iain Banks, a écrit dans le quotidien britannique "The Guardian" que pour les artistes, écrivains et universitaires du monde entier, le meilleur moyen de « convaincre Israël de sa déchéance morale et de son isolement éthique » est « simplement de ne plus rien avoir à faire avec cet état hors-la-loi » (4) Cette prise de position de Banks a été ensuite adoptée par Stephane Hessel (5), l’un des rédacteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, survivant de l’Holocauste et ancien diplomate français.

Le caricaturiste Martin Rowson a traduit le choc partagé par des millions de personnes dans une bande dessinée (6) du Guardian. Il y montre des commandos israéliens d’allure effrayante, lourdement armés prenant d’assaut l’arche de Noé, en train d’emprisonner tous les animaux terrifiés, tandis que l’un des soldats écrase férocement une colombe de la paix – rameau d’olivier – et justifie cet acte devant un Noé accablé en disant « La colombe avait clairement l’intention de piquer du bec des civils innocents ».

Bien avant le dernier bain de sang causé par Israël, de nombreuses figures internationales de la Culture avaient porté attention ou directement apporté leur appui aux appels au boycott culturel émanant du PACBI et amplement approuvés par la société civile palestinienne. Nombreuses sont les personnalités culturelles qui soutiennent explicitement et factuellement le boycott d’Israël. Parmi d’autres : l’écrivain suédois Henning Mankell (qui se trouvait à bord de la Flotille), l’auteure américaine Alice Walker, le chanteur américain de folk Devendra Banhart, les groupes Klaxons, Gorillaz Sound System, the Pixies…

Avant l’attaque de la Flotille, des artistes du calibre d’Elvis Costello, Gil Scott-Heron et Carlos Santana avaient tous annulé leurs concerts en Israël après avoir été sollicités par les acteurs de la campagne BDS.

Et avant eux, des artistes, écrivains, intellectuels ont explicitement soutenu le boycott culturel d’Israël.

La pétition de 500 "Artistes contre l’Apartheid" à Montréal a été particulièrement impressionnante.

En 2006, le célèbre écrivain britannique John Berger a fait une déclaration publique en faveur du boycott d’Israël qui a été reprise par 93 autres intellectuels et artistes.

Sans parler de Ken Loach, Judith Butler, Naomi Klein, The Yes-Men, Sarah Schulman, Aharon Shabtai, Udi Aloni, Adrienne Rich, et John Williams (peut-être le plus grand guitariste classique vivant).

En 2008, à l’occasion des célébrations en l’honneur des 60 ans d’Israël, la campagne BDS a recuilli des dizaines de signatures prestigieuses qui ont signé un article dans le International Herald Tribune, le 8 mai de cette année-là. Parmi eux, Mahmoud Darwish, Augusto Boal, Roger Waters, Andre Brink, Vincenzo Consolo, et Nigel Kennedy.

Il y a aussi les grandes têtes d’affiches de la culture qui refusent les invitations à se rendre en Israël ou annulent leur venue, sans donner d’explications publiques. C’est le cas de Bono, U2, Bjork, Jean-Luc Godard, Snoop Dogg, et d’autres.

Quelques artistes objectent que, au lieu de boycotter, ils préfèrent se rendre en Israël et saisir l’occasion de leur prestation pour exprimer leur point de vue sur les injustices commises par Israël. Cette idée apparemment noble, est contre-productive. Une position si hypothétiquement courageuse ne peut compenser ou neutraliser le dommage bien plus substantiel que cause le fait que ces prestations aient lieu, dès lors qu’Israël, avec la formidable influence qu’il exerce sur les principaux médias occidentaux, les exploite cyniquement pour diffuser une fausse image de normalité qui lui donne la capacité de maintenir occupation et ségrégation.

On attend d’un artiste doté de conscience qu’il soit attentif aux appels des opprimés quant à ce qu’ils estiment susceptibles de contribuer efficacement à leur lutte pour mettre fin à l’injustice et à l’oppression coloniale. Ce qui était également vrai dans la lutte contre l’apartheid sud africain.

Quant à l’argument communément invoqué selon lequel « l’art devrait être au-dessus de la politique », il est manifestement anhistorique et politique par excellence. Les artistes sont des êtres humains, dont on attend qu’ils soient plus —et non pas moins— sensibles que les autres pour entrer en empathie avec la souffrance humaine et rejeter l’oppression. Quand, pour de l’argent ou d’autres avantages matériels, aux dépens d’un engagement fondamental pour les droits de l’homme, ils font le choix de se ranger du côté d’oppresseurs hégémoniques, ils en arrivent à vendre leur âme et à révéler leur totale corruption morale. Des artistes tels que Elton John (7), qui ont violé le boycott culturel de l’apartheid et ont diverti les Sud-Africains à Sun City, ont été vus comme franchissant une ligne rouge. Il en va de même pour ceux qui insistent pour divertir aujourd’hui l’apartheid israélien.

La grande majorité des personnalités intellectuelles palestiniennes appuient fermement l’appel à un boycott culturel d’Israël (8), comme le font l’ensemble des principales institutions et associations culturelles. Même si des artistes palestiniens peuvent indirectement pâtir d’un boycott mondial, ils l’envisagent et l’acceptent comme le prix minimal à payer afin d’apercevoir une lumière au bout du long tunnel de l’occupation israélienne, du nettoyage ethnique, de l’apartheid et du refus raciste de nos droits de réfugiés.

Dans ce contexte, des artistes palestiniens ont souvent exprimé le point de vue communément partagé que les artistes du monde entier ont une obligation morale de cesser, au minimum, d’être complices de l’oppresseur, pour aider à mettre un terme à cette oppression et introduire la liberté et une paix juste."

[1]http://pacbi.org/etemplate.php ?id=869

[2]http://www.israel21c.org/opinion/jewish-week-marketing-a-new-image

[3]http://www.tcg.org/publications/at/MayJune08/positions.cfm

[4] http://www.guardian.co.uk/world/2010/jun/03/boycott-israel-iain-banks

[5] http://www.huffingtonpost.com/stephane-frederic-hessel/gaza-flotilla-global-citi_b_612865.html

[6] http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cartoon/2010/jun/05/martin-rowson-gaza-flotilla-attack

[7]http://www.pacbi.org/etemplate.php ?id=1176

Omar Barghouti - 30 juin 2010.

http://www.pacbi.org/etemplate.php ?id=1291

(Traduit par Anne-Marie PERRIN pour CAPJPO-EuroPalestine)

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