Treiber cours toujours, la chasse à l'homme se poursuit dans les bois de la région de Bonnard

La chasse à l'homme se poursuit. Jean-Pierre Treiber cours toujours, au lendemain de son évasion rocambolesque de la prison d'Auxerre, mardi. L'unique suspect dans  l'affaire du double meurtre de Géraldine Giraud et de son amie Katia Lherbier est toujours activement recherché par les gendarmes, qui ont repris les recherches dans la région de Bonnard, près de la forêt d'Othe, zone forestière bien connue par l'évadé, un ancien garde forestier. "C'est la principale idée pour le retrouver, mais on n'écarte pas  l'hypothèse qu'il ait déjà quitté le département de l'Yonne", a indiqué le procureur de la République". Le plan Milan a été déclenché : cette variante du plan Epervier est un dispositif de quadrillage d'une région qui permet de boucler, en déployant des hommes et des moyens tels que des hélicoptères, un périmètre, en contrôlant tous les axes susceptibles d'être empruntés par un individu recherché. La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie doit se rendre mercredi après-midi à la prison d'Auxerre.

Le suspect, qui devait comparaître au printemps 2010 devant la cour d'assises de l'Yonne mais n'était pas un détenu particulièrement surveillé, s'est évadé alors qu'il travaillait dans un atelier de la  prison. Il s'est dissimulé dans un carton qui faisait partie du chargement  d'un camion destiné à une commune de l'Yonne. Le chauffeur du véhicule ne s'est pas aperçu de la présence de l'évadé, mais a constaté un trou dans la bâche et des cartons écrasés à l'intérieur de son camion lorsqu'il est arrivé à destination. Jean-Pierre Treiber n'avait, semble-t-il, pas été placé sous le statut de "détenu particulièrement surveillé", normalement utilisé pour les criminels ou suspects jugés dangereux.

"Les détenus vont et viennent dans la prison..."

Selon le secrétaire régional de l'UFAP/Unsa (syndicat de surveillants de prison), Jean-Pierre Treiber a fabriqué lui-même le carton qui lui a permis de s'évader, dans l'atelier de la prison. Selon le syndicat, "le carton était tout à fait normal et n'a pas attiré l'attention  des surveillants". Il ajoute ne pas "être étonné" du délai pendant lequel cette évasion n'a pas été remarquée - près de huit heures - même si un détenu s'est inquiété de l'absence Jean-Pierre Treiber lors de la distribution des repas mardi "vers midi". Pour le syndicat cette situation "de flou" est entretenue par le fait que la règle de "l'enfermement en cellule" des détenus au moment de la distribution des repas entre midi et quatorze heures n'est plus respectée. "Les détenus vont et viennent à l'intérieur de la prison sans même que les surveillants soient informés".

L'avocat de la famille Giraud, Me Francis Szpiner, a expliqué avoir prévenu par SMS l'acteur Roland Giraud, qui estime dans Le Parisien que cette fuite est un "aveu". "Je suis consterné car cette instruction qui a été longue allait prendre fin. J'espère que les forces de gendarmerie vont l'appréhender rapidement" a ajouté l'avocat. "Tôt ou tard il sera arrêté et jugé mais cet évènement prolonge le calvaire des familles." Selon l'avocat, le suspect a "préféré fuir plutôt que d'affronter ses juges", ce qui n'est selon lui, pas le comportement d'une personne innocente.

Une évasion "ininterprétable"

De son côté, l'avocat de Jean-Pierre Treiber, Eric Dupond-Moretti, juge "ininterprétable" cette évasion. "On peut dire soit qu'il est coupable, ce que dit la partie civile, et qu'il signe sa culpabilité", a-t-il expliqué. "On peut dire aussi qu'il est innocent et désespéré, qu'il n'a plus confiance  dans la justice parce qu'il dit depuis longtemps qu'il est innocent et qu'il n'a  pas été entendu", ajoute son avocat, qui assure que son client n'a pas pris contact avec lui. "Et si c'était le cas je  ne vous le dirai pas", invoquant le secret professionnel. "C'est un garçon assez frustre, il a eu l'opportunité de partir, il a pris cette opportunité. Il n'y a rien à dire de plus, ça ne signe pas sa culpabilité, de la même façon que ça ne signe pas son innocence", a-t-il déclaré sur LCI.

Les corps de Géraldine Giraud, fille de l'acteur Roland Giraud, et de son amie Katia Lherbier avaient été retrouvés le 9 décembre 2004 dans un puits sur la propriété de Jean-Pierre Treiber, qui était alors déjà en prison car il était en possession des cartes bancaires des deux victimes. Mais les circonstances du crime restent obscures. Deux empreintes génétiques inconnues ont été retrouvées sur les rubans adhésifs utilisés pour bâillonner les deux jeunes femmes avant leur mort. Un non-lieu a été prononcé en fin d'instruction au bénéfice de Marie-Christine Van Kempen, tante de Géraldine Giraud, placée en détention pendant près trois mois puis libérée en 2006. La thèse d'un dépit amoureux qui l'aurait conduite à commanditer l'assassinat de sa nièce a été écartée.

(source : LCI)

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