Sortie mortelle en hydrospeed : la fillette voulait pas y aller

Dès dimanche, le procureur de la République de Gap avait souligné des "manquements à la réglementation", au lendemain de la noyade d'Anissa, 11 ans, lors d'une sortie en hydrospeed sur la Durance, dans les Hautes-Alpes. Notamment le fait que l'un des deux moniteurs, âgé de 19 ans, était stagiaire et aurait donc dû être supervisé. Notamment aussi le fait qu'il encadrait trop d'enfants à la fois : 11 personnes (9 enfants et deux éducateurs d'Etampes) au lieu de 8. Le parquet a annoncé mardi après-midi la mise en examen pour homicide involontaire du gérant du club nautique River Club organisateur de la sortie, qui était en garde à vue depuis dimanche. River Club, propriété du comité régional de la Fédération française de canoë-kayak, a également été mise en examen en tant que personne morale.

"La société et le gérant sont sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer toute activité en lien avec un sport nautique", a précisé le procureur de la République. "C'est un événement tragique, catastrophique et très douloureux pour tout le monde (...) Je n'ai que cette vision de cette barre de fer qui attrapée cette gamine. J'étais en congé dans la mesure où l'équipe était autonome et fonctionnait", a commenté le gérant, des sanglots dans la voix.

"Trois mises en examen pourraient intervenir dans les prochains jours", a ajouté le procureur de Gap. Toujours pour les mêmes chefs. Celle du moniteur-coordinateur du club, celle de l'apprenti-moniteur de 19 ans qui se trouvait avec la fillette lors de sa noyade, et celle de l'éducateur sportif venu d'Etampes avec le groupe d'enfants, également dans la Durance le jour du drame.

"La petite était mal à l'aise"

Le procureur a par ailleurs évoqué de nouveaux manquements aux règles de sécurité, indiquant que la fillette avait eu "des problèmes avec son équipement", notamment son casque et ses palmes, qui n'étaient "pas adaptées" à sa taille. La fillette avait dévié samedi de la trajectoire du groupe jusqu'à être prise au piège d'une barre de fer de 12 mètres de long. "Il y a des témoignages qui attestent que la petite était mal à l'aise" avant d'entrer dans l'eau, a ajouté le magistrat, évoquant les changements d'équipement et le fait que l'éducateur d'Etampes avait appris aux enfants à palmer dans une piscine, et non en eau vive.

L'enquête préliminaire avait déjà mis en évidence plusieurs insuffisances : aucune reconnaissance de la rivière n'avait été effectuée, avait-il déploré. Et "des questions restent en suspens concernant notamment l'âge des enfants" âgés de 10 à 14 ans, pour ce type d'activité, et "l'absence de reconnaissance du parcours". En outre, les éducateurs de la colonie venue d'Etampes auraient dû au préalable fournir les attestations relatives à la capacité de nager des enfants, avait-il ajouté.

source : LCI

Mardi midi, le père d'Anissa avait annoncé son intention de porter plainte de son côté, car "il ne faut pas que ça se reproduise avec d'autres enfants. On a envie de se battre pour elle, pour savoir la vérité." "Elle pleurait, elle ne voulait pas y aller, elle a dit ‘j'ai peur, c'est dangereux'", a-t-il affirmé (lire notre article). "Anissa n'a pas eu de chance, mais je pense que ça aurait pu être évité", avait pour sa part affirmé la veille sur LCI Sabrina, 20 ans, cousine d'Anissa et animatrice qui encadrait la colonie de vacances organisée par la ville d'Etampes.

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