La librairie Résistances s'attaque aus juifs et au CRIF

Election de Marwan barghouti, citoyen d’honneur de Vitry : Un conseiller municipal souligne les pressions subies par les élus

 

Publié le 12-07-2009

Ci-dessous un article de l’un des élus de la Ville de Vitry (94), qui apporte des précisions importantes sur les pressions subies de la part du CRIF et de la LDJ lors de la dernière réunion du Conseil Municipal.

"Mercredi 24 juin, Marwan Barghouthi, député palestinien emprisonné en Israël a été fait citoyen d’honneur de la ville de Vitry-sur-Seine. On peut se réjouir de ce vote qui marque la volonté du conseil municipal de marquer sa solidarité avec les Palestiniens. Mais ll est à noter que ce vote s’est déroulé sous la pression d’une manifestation qui, à l’appel de diverses institutions communautaire juives (CRIF et LDJ compris) ainsi que des sites Internet d’extrême droite, a tenté de l’empêcher.

Loin de moi l’idée de dénier à quiconque le droit de désaccord et de manifestation sur une décision d’un conseil Municipal ou tout autre institution représentative. Ce qui est contestable par contre, et même choquant, c’est la pression exercée y compris à l’intérieur de la salle du conseil par les manifestants, ayant rempli la salle, se tenant debout, avec le rabbin au premier rang, en face du Maire.

A tel point que le maire s’est senti dans l’obligation de remercier les organisateurs de la manifestation pour le calme dans lequel elle se serait déroulée ! Chose aberrante quand on lit le tract d’appel à cette manifestation et la violence contre le parti communiste, auquel appartient le maire de Vitry.

Rappelons que ce dernier avait invité l’Imam et le Rabbin pendant le massacre de Gaza, l’hiver dernier, comme si le problème n’était pas politique, mais relevait d’un conflit religieux ou entre communautés religieuses dont il avait alors à gérer le vivre ensemble local.

Ce qui est plus inquiétant, c’est la manière dont un commando de la LDJ s’est rué dans la mairie, aux cris d’ "Israël vaincra", et de quelques injures et crachats, ceux-ci souhaitaient bien en découdre à l’intérieur de la salle du conseil, dont les portes ont dû être fermées pour protéger les élus. On a pu juger de ces méthodes lors de l’agression de la librairie Résistances, quelques jours plus tard.

Et le fait que personne à part moi, au sein du conseil municipal, n’a fait état de la perturbation de la séance, le maire se contentant de déclarer :« Ils sont venus en car, et ne sont pas de la ville ».

Comment un débat aussi essentiel peut-il avoir lieu sereinement sous la pression de tels extrémistes, qui cherchent à faire de cette question un conflit religieux ?

L’inexistante symétrie d’actions et d’expression entre communautés religieuses dans ce problème politique est d’ailleurs très flagrante : La communauté juive dans sa majorité exprimant son communautarisme par son soutien inconditionnel à l’état d’Israël. Si la solidarité envers un groupe dont on se sent proche est naturelle, le soutien inconditionnel aux injustices commises par ce groupe est la définition même que l’on peut donner au communautarisme.

Et c’est bien ce type de comportement qui peut donner l’impression d’une importation du conflit de la Palestine occupée en France. Comment se fait-il en effet que la CCJ94 (Communauté Juive du 94) et le CRIF ne se désolidarisent pas des actes injustes, illégaux ou violents commis par l’état d’Israël, ainsi que ceux commis par la LDJ à Vitry sur Seine, ou ailleurs ?

Les médias de masse sont également restés étrangement silencieux sur cette affaire, alors que plusieurs rendaient compte de l’affichage sur le fronton des mairies de Boulogne et d’Issy les Moulineaux (92) du militaire de l’armée d’occupation Israélienne, le caporal Gilat Shalit capturé en pleine opération militaire sur le territoire Palestinien.

On ne parle pas non plus dans les médias des agressions de diplomates Français à Jérusalem et Naplouse, qui ont subi violences et humiliations de la part des forces militaires et de la police Israélienne malgré leur statut diplomatique. (2)

Pas grand chose non plus sur les souffrances et humiliations quotidiennes subies par les Palestiniens, faisant dire au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans un rapport publié lundi 29 juin 2009 que "les habitants de Gaza n’arrivent pas à reconstruire leur vie et plongent toujours plus dans le désespoir". (3)

Heureusement que des voix d’intellectuels juifs, de survivants de la shoah ou enfants de déportés se sont récemment levées pour dénoncer l’exploitation abjecte du sentiment de culpabilité vis à vis du génocide des juifs, à seule fin de permettre aux sionistes d’interdire toute critique ou condamnation du terrorisme d’Etat israélien.

Faut-il s’étonner aussi, qu’on taise la manière dont se font les sélections systématiques de « musulmans » ou « arabes » à l’aéroport de Tel Aviv pour interrogatoire ? Que dirait-on si les mêmes pratiques étaient appliquées aux Juifs dans les aéroports de pays à majorité musulmane ou arabe ?

Je crois que nous aurions eu droit à des levers de boucliers, tout à fait justifiés, sur l’ « antisémitisme » de ces pays. Mais le racisme est bien devenu ordinaire en Israël et la volonté de paix inexistante. Comme en témoignent les dernières élections israéliennes et la mise en place d’un gouvernement d’extrême droite dont certains membres préconisent une extermination des Palestiniens comme solution au conflit. Faut-il rappeler qu’il ne reste plus que 12 % de la Palestine historique pour les Palestiniens et que la logique de colonisation s’accroît tous les jours ? Le seul objectif des « discussions de paix » qui durent depuis des décennies est pour la plupart des hommes politiques israéliens de gagner du temps afin d’occuper la totalité du territoire Palestinien comme le démontre Michel Warschawski (4)

A ceux qui croient que c’est un problème de politique extérieure comme les autres, rappelons que cela dure depuis plus de 60 ans, qu’aucune des résolutions de l’ONU n’a été appliquée par Israël qui nous signifie par là que la loi du plus fort est toujours la meilleure et qu’il n’y a pas d’application équitable du droit International et donc pas de paix possible. Car il n’y aura pas de Paix sans justice au niveau local ou International. Les forces armées internationales sont si promptes à intervenir quand la volonté politique y est. Il y va ici de la crédibilité de l’ONU et de la défense des valeurs des droits de l’Homme par la protection du peuple Palestinien en danger.

Et c’est bien cette exigence de justice, cet espoir en une paix durable qui doit nous animer, et non une neutralité de façade qui nous dédouanerait de nos responsabilités.

Khaled BEN-MOHAMED

Conseiller Municipal de Vitry sur seine (Groupe VAGUES)

(1) http://www.europalestine.com/spip.php ?article4246

(2) http://www.liberation.fr/monde/0101576075-la-france-humiliee-par-tsahal

(3) http://www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/htmlall/palestine-report-260609

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Warschawski

CAPJPO-EuroPalestine

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