Julien Dray aurait bénéficié d'un véritable système de mouvements de fonds, selon les enquêteurs de la brigade financière (source LCI)

Fonds suspects - Dray dénonce "des méthodes dignes des barbouzes"

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Crédit Photo : Abacapress

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Dray dénonce "des méthodes dignes des barbouzes"

  • Après la publication dans la presse d'extraits du rapport d'enquête le concernant, Julien Dray annonce, sur son blog, qu'il prépare des actions en justice.

  • L'élu socialiste aurait bénéficié d'un véritable système de mouvements de fonds, selon les enquêteurs de la brigade financière.

- le 24/07/2009 - 11h49
Mis à jour le 24/07/2009 - 21h16

La polémique a fait rage toute la journée de vendredi, après la publication dans Le Monde et sur Médiapart d'extraits du rapport de synthèse des policiers de la Brigade  financière (BF) concernant Julien Dray. Après avoir gardé le silence la majeure partie de la journée, l'élu est sorti de son silence en début de soirée. Sur son blog, il a posté un long message intitulé "Les chiens aboient, la caravane passe." "Depuis sept mois, j'ai appris à ne pas me laisser impressionner par ces folies médiatiques subites, où chacun répète ce que son voisin a dit, se gardant bien de vérifier la véracité de ses propos", écrit-il avant de déclarer "tout ce qui a été écrit depuis ce matin [...] est faux."  Le député avance également : "Il y a un rapport d'enquête de police, au contenu inverse de ce que l'on en raconte depuis ce matin, et qui établit même qu'il n'y a rien derrière l'essentiel des accusations initiales."

Les avocats de M. Dray ont également réagi à ces fuites dans la presse en  annonçant leur intention d'attaquer en justice Médiapart et Le Monde. Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin a de son côté fait savoir  qu'"aucune décision" n'était encore prise concernant d'éventuelles suites  pénales à donner à cette affaire. Les deux articles de presse faisaient état d'un renvoi en correctionnelle de M. Dray et d'une "demi douzaine" de personnes. M. Marin a donné jusqu'au 25 septembre aux avocats pour faire d'éventuelles  observations, avant un classement sans suite de l'enquête ou une citation  directe devant le tribunal.

43.500 euros par mois

Les policiers enquêtent depuis le 10 décembre 2008 sur des mouvements  financiers entre la Fidl (organisation lycéenne), Les Parrains de SOS Racisme et  M. Dray, par l'intermédiaire de deux de ses proches. Ces mouvements de fonds suspects sont évalués au total à environ 350.000  euros entre 2005 et 2008, le plus souvent sous forme de chèques. Les enquêteurs soupçonnent ainsi la Fidl d'avoir versé quelque 23.000 euros  à une proche collaboratrice de M. Dray, dont une partie importante aurait été  reversée à l'élu socialiste. Dans ce rapport, écrit au terme de l'enquête menée par le parquet, les  enquêteurs épinglent également Les Parrains de SOS Racisme, émanation de  l'organisation antiraciste destinée à régler les dépenses en espèces de  l'association.

Deux proches collaborateurs de M. Dray auraient ainsi perçu des Parrains des  virements pour des prestations non établies et en auraient reversé une  importante partie au député. Ils auraient même, selon les enquêteurs, bénéficié  d'un système de fausse facturation. Au cours de leurs auditions, M. Dray et ses deux proches auraient justifié  ces versements par des prêts à des périodes où M. Dray rencontrait des  difficultés financières. Sur les quatre dernières années, les dépenses annuelles moyennes de M. Dray  se seraient ainsi élevées, selon les policiers, à 521.919 euros (soit environ  43.500 euros par mois) pour des revenus inférieurs, estimés à en moyenne 407.854  euros (34.000 euros par mois).

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