Echos du banditisme Talmudique : lettre de l'ancien membre du Congrès des USA, Cynthia MCKINNEY, depuis une prison sioniste

 

Publié le 6-07-2009

Les 21 otages du bateau "Spirit of Humanity", devaient être relâchés aujourd’hui, après avoir été kidnappé et avoir passé plusieurs jours dans les geôles israéliennes. Ci-dessous la lettre envoyée de prison par Cynthia McKinney, ancien membre du Congrès des Etats-Unis, candidate du parti écologiste à l’élection présidentielle, et éminente avocate des Droits de l’Homme et de la justice sociale. Obama, où es-tu ?

Ici Cynthia McKinney. Je m’exprime depuis une cellule carcérale à Ramle. Je fais partie des militants des Droits de l’Homme FREE GAZA 21, actuellement emprisonnés pour avoir tenté d’introduire à Gaza de l’équipement médical, du matériel de construction – et même des crayons pour les enfants (j’avais pour eux une valise pleine de crayons).

Alors que nous étions en route vers Gaza, les Israéliens ont menacé de mettre le feu à notre bateau, mais nous n’avons pas fait demi-tour. Les Israéliens nous ont interceptés et nous ont arrêtés parce que nous voulions donner des crayons aux enfants de Gaza. Nous avons été détenus et nous voulons que les gens du monde entier sachent comment nous avons été traités pour la seule raison que nous souhaitions apporter une assistance humanitaire aux habitants de Gaza.

Lors du déclenchement de l’opération israélienne « Plomb durci » (décembre 2008), je me suis embarquée impromptu sur un bateau de FREE GAZA et, représentant les USA dans une délégation multinationale, j’ai tenté d’apporter 3 tonnes de matériel médical à un territoire de Gaza déjà assiégé et ravagé.

Pendant l’opération « Plomb durci », les F16 fournis à Israël par les USA ont déversé un feu d’enfer sur un peuple piégé. Le nettoyage ethnique est devenu un génocide à grande échelle. Du phosphore blanc, également fourni par les USA, de l’uranium appauvri, une technologie robotique, des armes DIME (= explosifs à base de métaux denses inertes) et des bombes à fragmentation – autant d’armes nouvelles, causant des lésions auxquelles les médecins jordaniens et norvégiens n’avaient jamais eu affaire auparavant. Des médecins présents à Gaza durant l’offensive israélienne m’ont dit que Gaza était devenu pour Israël un véritable laboratoire d’expérimentation de l’armement, des êtres humains utilisés pour tester et améliorer le rendement mortifère de leurs armes.

C’est grâce à la chaîne arabe Al-Jezeerah, qui émet en anglais, que le monde a vu la violence ignoble d’Israël. J’ai regardé ces émissions en direct et en continu, non pas depuis les Etats-Unis mais depuis le Liban, où s’était terminée ma première tentative d’entrer à Gaza, parce que l’armée israélienne avait violemment refoulé le bateau… Il est même miraculeux que je sois encore là pour raconter ma deuxième rencontre avec l’armée israélienne, une mission humanitaire qu’elle a de nouveau fait avorter.

Les autorités israéliennes ont essayé de nous amener à confesser que nous commettions un délit criminel… Maintenant, je suis connue comme détenu d’Israël matricule 88794. Comment se peut-il que je me trouve en prison pour avoir collecté des crayons pour des enfants ?

Le sionisme a sûrement épuisé son ultime légitimité si telle est la manière dont il traite les personnes qui ont une foi si profonde dans les Droits de l’Homme qu’ils mettent en jeu leur propre vie pour les enfants d’autrui. Israël est l’expression la plus achevée du sionisme, mais si Israël craint pour sa sécurité parce que les enfants de Gaza auraient des crayons, alors non seulement Israël a perdu son dernier lambeau de légitimité, mais il doit être déclaré Etat failli.

Je suis confrontée à la déportation par l’état qui m’a amenée ici sous la menace d’un fusil après avoir arraisonné notre bateau. J’ai été amenée en Israël contre mon gré. Je suis détenue dans cette prison parce que j’avais fait le rêve que des enfants de Gaza puissent colorier et peindre, que les blessés de Gaza puissent être guéris et que les maisons de Gaza pulvérisées par les bombes puissent être rebâties.

Mais j’ai appris dans cette prison quelque chose d’intéressant. D’abord, qu’elle est incroyablement noire : peuplée principalement d’Ethiopiens qui, eux aussi, avaient fait un rêve… comme mes compagnes de cellules, dont l’une est enceinte. Toutes âgées d’une vingtaine d’années. Elles avaient pensé qu’elles venaient en Terre Sainte. Elles avaient rêvé que leurs vies seraient meilleures. La fière Ethiopie de jadis, jamais colonisée, a été précipitée dans la dépendance des Etats-Unis, et est devenue un lieu de torture, de reddition et d’occupation. Il faut que les Ethiopiens libèrent leur pays dès lors que les politiques des superpuissances ont pris plus d’importance que les Droits de l’Homme et le droit de chacun à se déterminer.

Mes camarades de cellule étaient venues en Terre Sainte pour s’émanciper de ces exigences. Elles n’ont commis aucun crime si ce n’est d’avoir un rêve. Elles sont venues en Israël en pensant qu’Israël tiendrait ses promesses. Leur voyage à travers le Soudan et l’Egypte a été ardu ; je peux seulement imaginer comment elles l’ont vécu ; et il n’était pas bon marché. Beaucoup d’entre elles incarnent les plus grands efforts faits par leur famille pour leur réussite. Elles se sont rendues au Haut Comité des Nations Unies pour les Réfugiés. Elles y ont obtenu leur document jaune d’identification. Ce sont des réfugiées d’une tragédie. A leur arrivée en Israël, on leur a dit qu’ « il n’y a pas de Nations Unies en Israël ».

Ici, la police est habilitée à les ramasser et à les précipiter dans le trou noir d’un simulacre de justice. Ces femmes fières, belles et travailleuses représentent l’espoir de familles entières. L’idée qu’elles avaient d’Israël les a leurrées, comme elle nous a tous leurrés. Par une vaste et habile campagne de marketing propagandiste, Israël se représente lui-même comme un refuge et un lieu sûr pour les Juifs et les Chrétiens du monde. J’y ai cru moi aussi, et je me suis abstenue d’y regarder de plus près.

En vérité, Israël a menti au monde entier. Israël a menti aux familles de ces jeunes femmes. Israël a menti à ces femmes elles-mêmes, désormais piégées dans le complexe carcéral de Ramle. Et que pouvons-nous faire ? L’une d’elles a pleuré aujourd’hui. Elle a passé là six mois. En tant qu’Américaine, je ne peux me contenter de pleurer avec elles. La politique des Etats-Unis doit s’amender, et tandis que nous voyons le Président Obama attribuer 12,8 milliards de dollars à l’élite financière des Etats-Unis, il devrait maintenant être clair que l’espoir du changement et le « Oui, nous le pouvons » ont été de puissantes images de dignité et d’accomplissement, aux niveaux individuel et national, auxquelles ont vraiment ajouté foi les assiégés à travers le monde.

Ce fut une habile campagne de marketing, aussi habilement présentée au monde et aux électeurs américains que l’a été le marketing d’Israël. Elle nous a tous dupés y compris, de façon plus tragique, ces jeunes femmes.

Nous devons voter de manière informée sur de meilleurs candidats qui aspirent à nous représenter. J’ai lu et relu la lettre écrite par Martin Luther King Junior depuis une prison de Birmingham. Jamais dans mes rêves les plus échevelés je n’aurais imaginé que j’aurais un jour à faire de même. Il est clair que les contribuables en Europe et aux USA ont beaucoup à expier pour ce qu’ils ont fait à d’autres à travers le monde. Quelle ironie ! Mon fils débute sans moi son programme de droit parce que je suis en prison, essayant à ma manière de faire mon possible pour les enfants des autres. Pardonne-moi, mon fils. Je suppose que je suis en train d’expérimenter la rude réalité : les gens ont besoin de rêves. J’ai pourtant de la chance. Je quitterai cet endroit. Est-ce qu’Israël est devenu l’endroit où meurent les rêves ?

Interrogez les Palestiniens. Interrogez le flux de Noirs et d’Asiatiques que je vois incarcérés à Ramle. Interrogez les femmes de ma cellule. Demandez-vous à vous-même : à quoi aspirez-vous ?

Changeons le monde tous ensemble et réclamons ce dont nous avons tous besoin en tant qu’êtres humains : la dignité. J’en appelle aux Nations Unies pour que ces femmes de Ramle, qui n’ont d’autre tort que d’avoir cru qu’Israël était le gardien de la Terre Sainte, soient réinstallées en lieu sûr. J’en appelle au Département d’Etat des Etats-Unis pour que la situation de réfugiés certifiés par le Haut Comité des Réfugiés et détenus en Israël soit consignée, à propos de ce pays, dans son rapport annuel sur les Droits de l’Homme. J’en appelle une fois de plus au Président Obama pour qu’il se rende à Gaza , qu’il y envoie son émissaire spécial George Mitchell et pour qu’il considère le Hamas comme l’élu du peuple palestinien.

Je dédie ce message à ceux qui luttent pour une Palestine libre, et aux femmes que j’ai rencontrées a Ramle.

Ici Cynthia McKinney, ce 2 juillet 2009, prisonnière matricule 88794.

Cynthia McKinney

Première femme afro-américaine à représenter l’Etat de Géorgie, Cynthia McKinney a accompli six législatures à la Chambre des Représentants, de 1993 à 2003 et de 2005 à 2007. Elle a été arrêtée et conduite de force en Israël alors qu’elle tentait le 30 juin dernier d’apporter à Gaza du matériel humanitaire et de reconstruction, ainsi que des oliviers et des jouets.

Pour plus d’informations, veuillez consulter le site http://www.FreeGaza.org

Cette lettre a été initialement diffusée le 3 Juillet sur WBAIX .

(Traduit de l’anglais par Anne-Marie PERRIN pour CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestine

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