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Nouvelle-Calédonie: embrasement indépendantiste, un gendarme blessé par balle

Des gendarmes français sur des véhicules blindés, le 5 août 2009 près de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie

 

Un gendarme a été blessé par balle mercredi en Nouvelle-Calédonie, où le syndicat indépendantiste USTKE multiplie violences et blocages, sur fond d'enlisement d'un conflit social auquel les pouvoirs publics cherchent une "sortie honorable".

Signe de la crainte d'un embrasement: un escadron de gendarmes mobiles, s'ajoutant aux quatre ordinairement sur place, sera envoyé dans l'île en fin de semaine à la demande du Haut-Commissaire Yves Dassonville, a-t-on appris auprès du secrétariat d'Etat à l'Outre-mer.

Les heurts les plus violents ont eu lieu à la tribu de Saint-Louis, à la périphérie de Nouméa. Des jeunes et des adhérents de l'Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités ont dressé des barrages avec des pneus enflammés.

Les gendarmes dépêchés sur place ont essuyé des tirs. L'un, a précisé la direction de la gendarmerie à Paris, a été atteint à la cuisse par une balle de 7,5mm tiré par une carabine "de grande chasse", et non par de la chevrotine comme annoncé d'abord.

En tout, deux gendarmes et quatre manifestants ont été blessés et 13 personnes arrêtées.

Un climat d'instabilité règne dans l'archipel français du Pacifique, où l'USTKE, proche de l'extrême gauche, enchaîne les actions de protestation contre l'emprisonnement de son président, Gérard Jodar, et l'enlisement d'un conflit au sein d'Aircal.

Un licenciement pour faute d'une employée de cette compagnie aérienne locale, jugé abusif par l'USTKE, a été le déclencheur de ce conflit marqué, le 28 mai, par un coup de force du syndicat sur l'aérodrome de Magenta qui a valu à M. Jodar 12 mois de prison ferme.

Ces troubles s'inscrivent en parallèle au calendrier des accords de Nouméa de 1998 qui ont détaillé un processus de décolonisation devant aboutir, entre 2014 et 2018, à un référendum d'autodétermination.

L'USTKE n'est pas signataire de ces accords ratifiés par le FLNKS. Le syndicat qui veut néanmoins exister politiquement, fait monter les enchères, jugent des observateurs.

Pour M. Dassonville, "Aircal est un prétexte. Ce qui est fondamentalement recherché par l'USTKE, c'est créer de la tension".

Louis Kotra Uregei, leader du Parti travailliste, émanation politique de l'USTKE, a en réponse appelé à la "poursuite de la mobilisation", accusant M. Dassonville "d'attiser le feu de la confrontation".

"L'USTKE est devenue un abcès qui gangrène l'ensemble des relations sociales et des relations syndicales. Un abcès, ça se traite", a lancé le député UMP Pierre Frogier.

Jets de pierres, barrages, voitures brûlées, gaz lacrymogènes: les incidents ont aussi touché mercredi une cité au nord de Nouméa, Montravel.

Ce qui fait redouter aux autorités locales une contagion à d'autres cités périphériques, voire à l'intérieur des terres, dans un archipel où la réconciliation entre communautés demeure fragile.

Pour conjurer l'embrasement, Philippe Gomes, président du gouvernement local, a reçu mercredi soir des représentants de l'USTKE et le président d'Aircal.

"On essaye de renouer les fils du dialogue, pour trouver une solution honorable pour chacun", a-t-il dit à l'AFP.

Tout en accusant l'USTKE d'être "dans une démarche d'affrontement systématique", la secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Marie-Luce Penchard pense qu'il y a chez les acteurs politiques locaux, "une volonté de maintenir la stabilité politique".

"Personne n'a intérêt à enflammer de nouveau la Nouvelle-Calédonie", a-t-elle dit à France-Soir.

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